I - L’ANPEI aujourd’hui

    1 - Représentativité
    2 - Une démarche ouverte
    3 - Un partenaire

II - Pourquoi une association nationale de plaisanciers

    1 - Statuts :

    2 - Plaisance privée
         Le rôle irremplaçable de la plaisance privée
         Spécificité de la plaisance privée
         Spécificité de la plaisance fluviale

    3 - Les autres associations locales utiles mais le rôle indispensable de l’ANPEI

    4 - Développement durable

III Avec les collectivités territoriales, les aménageurs et tous les acteurs de la voie navigable

    1 - VNF
    2 - Collectivités territoriales

IV Convaincre un plaisancier de rejoindre notre association

V Conclusions

I - L’ANPEI aujourd’hui

L’ANPEI, Association Nationale des Plaisanciers en Eaux Intérieures, née en 1985 au cœur du réseau navigable de l’ouest de la France, a maintenant plus de 30 ans d’expérience dans le domaine de la navigation de plaisance en eaux douces.

1 - REPRESENTATIVITE
Elle compte aujourd’hui plus de 1 200 adhérents soit environ 1000 bateaux fluviaux et est présente sur l’ensemble du réseau navigable des fleuves, rivières, canaux et lacs de notre pays au travers de ses huit régions :
Anjou Loire Bretagne / Arc Méditerranéen / Vallées Rhône Saône / Centre Nivernais / Entre Deux Mers / Ile De France / Provinces Fluviales Franco Belge / Vallées Lorraine Alsace.
Son expérience et son audience en font le seul interlocuteur national des quelques 15 000 plaisanciers (chiffre VNF) reconnu auprès de Voies Navigables de France (VNF). Elle siège au Conseil Supérieur de la Navigation de Plaisance et des Sports Nautiques (CSNPSN) et à ce titre elle représente le CSNPSN dans plusieurs commissions auprès de VNF.
Elle participe aux commissions territoriales dont les missions sont : la consultation sur les péages, droits fixes et redevances domaniales, les priorités d'investissements, les schémas de développement et les conditions d'exploitation du réseau. Elles peuvent, en outre, se saisir de toutes questions relatives à l'exercice des missions de l'établissement public, dans les limites de leur circonscription.La commission territoriale constitue donc un lieu d’échanges entre VNF et les acteurs intéressés du secteur.
Elle siège dans divers comités de pilotage organisés par les communes riveraines des voies d’eau lors de la création de port ou de halte fluviale, elle propose ses compétences d’usager de la plaisance aux collectivités territoriales ou régionales pour l’élaboration de projets relatifs au tourisme fluvial.
Elle participe aux travaux d’un grand nombre d’offices de tourisme et organise des rassemblements de plaisanciers qui permettent de découvrir tout ou partie de voie d’eau délaissée ou de port nouvellement créé.

Le Musard’Eau, bulletin de liaison de l’ANPEI édité à l’attention de ses adhérents, est un reflet de la vie de l’association et du milieu fluvial ; son contenu s’articule autour des 3 thèmes suivants :

  • Sur le pont au quotidien pour informer  de la vie des régions
  • Nos horizons pour faire connaître nos orientations
  • Libre expression pour les récits et commentaires des adhérents

Sa réalisation est confiée à un comité de rédaction nommé en Conseil d’Administration
Le site Internet www.anpei.org est l’écho général de la vie des voies d’eau et doit être porteur de toutes les informations concernant celles-ci.
Les adhérents peuvent accéder à un ensemble d’informations ne concernant que l’association dans l’ « espace adhérent » accessible par un login et un mot de passe.
Ce site, profondément remanié donne aux adhérents la possibilité de s’exprimer au moyen d’un forum.
La réalisation du site sous la responsabilité d’un webmaster est contrôlée par un comité de publication nommé en Conseil d’Administration.

2 - UNE DEMARCHE OUVERTE
Sa pratique de la voie d’eau navigable et des besoins des plaisanciers la conduisent à inscrire ses réflexions en tenant compte des besoins de tous les usagers du domaine. Elle considère que les améliorations et aménagements nécessaires à la navigation doivent tenir compte des développements nécessaires des multiples aspects du tourisme, de son intégration dans les terroirs et de la satisfaction des populations riveraines.
Cette conviction est renforcée par une donnée forte.
C’est la présence et le passage renouvelé des bateaux sur la voie d’eau qui constituent l’élément vivant fédérateur qui permet de développer, sur et autour de l’eau, de multiples activités touristiques.
Et ce sont seulement les bateaux des particuliers, que l’ANPEI représente, qui sont en mesure d’assurer cette permanence sur tout le domaine navigable, au contraire des sociétés de location qui ont leur rôle à jouer mais qui se concentrent dans les seuls lieux à fort potentiel touristique et dont la croissance est limitée.

3 - UN PARTENAIRE
L’ANPEI a besoin de coopérer avec tous les décideurs pour répondre aux besoins des plaisanciers. Ceux-ci ont besoin de l’ANPEI pour cibler les aménagements à entreprendre pour un développement de tous les tourismes autour de la voie d’eau et éviter les opérations onéreuses qui ne correspondent pas aux besoins.
Notre expérience et le sérieux de notre organisation nous permettent d’apporter des réponses qui tiennent compte d’événements précis sans omettre de les replacer dans leur contexte global.
L’ANPEI apporte la vision des aménagements à partir de la voie d’eau. Cette vision, et un vécu au quotidien sur l’eau, apportant un éclairage entièrement différent et très enrichissant sur la façon de concevoir les installations. Les meilleures volontés et le professionnalisme reconnu n’ont jamais permis seuls, depuis une berge, de ressentir tous les petits plus qui donnent envie à un plaisancier de venir, revenir et séjourner sur un parcours qui réponde vraiment à ses besoins.
L’approche des besoins des plaisanciers qui a souvent été faite avec les sociétés de location a été utile car elle a souvent permis d’introduire la plaisance là où elle était absente. Mais les besoins d’un équipage privé, qui passe des semaines et des mois sur l’eau sans que le temps soit une contrainte, n’ont rien à voir avec un consommateur d’un produit touristique qui loue un bateau pour huit jours.
Naviguer souvent en fluvial c’est encore plus souvent ne pas naviguer car la terre est proche et les plaisanciers sont des amoureux de la nature et du patrimoine. Trouver les moyens pour qu’ils découvrent la richesse d’un terroir à partir d’un mode de vie atypique nécessite également d’inventer les outils permettant cette découverte.
L’A.N.P.E.I est à la disposition de tous les aménageurs et usagers de la voie d’eau.

 

II - Pourquoi une association de plaisanciers


1 - Nos statuts : traduction dans les faits

- Promouvoir
- Rassembler
- Accueillir
- Ouvrir un dialogue
- Se rapprocher des institutions et associations
- Apporter à ses adhérents
- Engendrer des sections régionales

1-1) Promouvoir le tourisme fluvial et la voie d’eau
Faire découvrir à nos concitoyens un domaine méconnu, une forme de tourisme original, une découverte insolite de notre pays, un art de vivre.

1-2) Rassembler les amateurs de promenade et tourisme sur les fleuves, rivières, canaux et lacs du réseau français et étranger lié au réseau français, sous une forme de navigation lente en bateaux et engins flottants avec ou sans moteur ou voile, habitables ou non, dans le respect des règles de navigation, des plaisanciers, des rivages et des riverains, des eaux qu’ils fréquentent en tant que propriétaires ou locataires de leur embarcation.
  Armada 2013 – inconnu -
C’est la navigation qui est le fil conducteur mais aucun acteur et aucune activité ne doivent être exclus dans nos réflexions et dans nos actions.

1-3) Accueillir les professionnels de la navigation et les loueurs des engins désignés qui s’engageront à respecter le principe général ci-dessus énoncé dont la finalité écologique est prioritaire.
Toute l’activité et tous les acteurs du domaine de la navigation fluviale.

1-4) Ouvrir un dialogue permanent et constructif avec les organismes de gestion du domaine fluvial et de son environnement aux différents niveaux : national, régional, départemental et communal.
Notre activité se développe grâce à nos propositions constructives, aujourd’hui avec l’Etat et son représentant VNF  mais aussi avec les collectivités territoriales, Régions, Départements et Communes qui prennent le relais de l’Etat, notamment dans le réseau fluvial transférable.

1-5) Se rapprocher des institutions et associations promotrices de la défense de la nature pour en obtenir conseil et leur apporter soutien.
Nous nous plaçons résolument dans le cadre du développement durable et c’est important lorsque certains voudraient supprimer les canaux sous prétexte d’améliorer la qualité de l’eau.

1-6) Apporter à ses adhérents des conseils techniques sur tous les problèmes connexes à la navigation en eaux intérieures et les informer quant à une meilleure défense des consommateurs.
Notre association a naturellement comme objectif la défense des intérêts de ses adhérents mais dans le respect de tous les autres acteurs.

1-7) Engendrer 8 sections régionales couvrant l’ensemble des voies navigables.
Ces structures internes, mieux adaptées à la saisie des problèmes seront, par conséquent, plus aptes à proposer des solutions à l’association.
Se doter de structures et les animer pour répondre au plus près aux problèmes posés.

2 - Plaisance privée
Notre vision est indispensable au développement du tourisme sur et autour des canaux
Avec la disparition progressive sur nos canaux à petit gabarit de la navigation de transport commercial, depuis quelques dizaines d’années l’avenir des canaux a été assuré par la location de bateaux afin de s’orienter vers le tourisme.
Cette activité de la location est importante et nécessaire.
Mais on s’aperçoit qu’elle n’est pas suffisante et surtout que la plus grande partie du réseau est délaissée par cette activité.
Il y a une trentaine d’année, des dizaines de sociétés familiales de bateaux de location existaient. La profession s’est regroupée en quelques majors et surtout elle s’est sur-implantée dans des tronçons à fort potentiel touristique (entassement sur le Canal du Midi) et a délaissé la plus grande partie de nos voies navigables. On a même vu des collectivités territoriales investir dans des installations au long de la voie d’eau pour accueillir tous ces bateaux, installations parfois abandonnées par la suite.
La location, nécessaire, ne peut suffire seule pour valoriser la voie fluviale. On doit d’ailleurs s’interroger sur des équipements onéreux qui ne concernent que de petites parties sur un canal.

Le rôle irremplaçable de la plaisance privée
La plaisance privée est partie intégrante du cadre de la voie navigable. Elle constitue l’animation permanente sur l’ensemble des voies concernées sans considération étroite des seuls lieux à forte valeur ajoutée touristique. Elle est la garantie pour les Collectivités Territoriales que leurs efforts peuvent conduire à une présence réelle et constante de plaisanciers si un aménagement judicieux de leur domaine permet une circulation aisée et des séjours accueillants tout au long de la voie navigable.
Cette animation permanente, présence vivante et diversifiée, est la condition première d’un aménagement multi usages sur la voie d’eau et autour d’elle.

Spécificité de la plaisance privée
Les équipages de la plaisance privée sont composés majoritairement de deux personnes (retraités, couple avec jeunes enfants), ce qui induit :
•    une nécessité et un souci de sécurité du plus haut niveau pour aborder et franchir les ouvrages (amarrages/appontements, écluses)
•    des stationnements multiples et de plus longue durée tout le long de la voie
•     un désir de découverte des alentours soit par des moyens autonomes et embarqués, (à pied, à vélo, à moto) soit par des moyens de transports disponibles le long de la voie (transport en commun, taxi)
•    un potentiel économique lié à ces segments de population qui ont besoin de se ravitailler en produits d’alimentation, en consommables pour le bateau, et souhaitent découvrir le patrimoine et les produits touristiques.
Retraités : Catégorie sociale dont la durée de temps libre et le poids économique justifient la forte présence dans la plaisance privée. La prise en compte de la diminution de la souplesse physique avec l’augmentation de l’âge doit conduire à une attention particulière pour l’accessibilité des ouvrages. Le fort pourcentage de retraités dans cette activité n’est pas inéluctable et un bon aménagement du réseau pourrait contribuer à augmenter la participation de toutes les catégories de population.
Couples avec de jeunes enfants qui naviguent quelques semaines par an lors des vacances scolaires.
Réussir : Lorsqu’une voie navigable est facile à atteindre, lorsque la navigation y est harmonieusement organisée, lorsque le franchissement des ouvrages est sécurisé, pratique et agréable, lorsque l’amarrage dans des petits coins sympas est possible.... Alors, les plaisanciers ne font pas que passer, ils reviennent et contribuent à faire connaître la voie d’eau à un large public.
Une voie bien aménagée, des sites accueillants et dotés de moyens de transports publics peuvent conduire des plaisanciers, en navigation pour plusieurs mois, à s’attarder sur des périodes plus longues pour découvrir les environs. Le bateau servant alors de " camp de base.

Spécificité de la plaisance fluviale
Le fluvial n’est pas la mer ; d’ailleurs prêt de 40 % des plaisanciers privés se reconvertissent au fluvial après une longue pratique de la mer.
La pratique du bateau en fluvial est caractérisée par son rapport constant aux ouvrages de franchissement, aux berges, au patrimoine de la voie d’eau, aux communes traversées. La qualité de ces éléments constitue l’attrait de la plaisance.
Le port n’est pas le but d’une longue traversée hauturière ; c’est l’amarrage pour la nuit, pour le déjeuner, pour quelques jours, pour un départ de randonnée, pour une partie de pêche, pour remplir la cambuse, pour le simple farniente ...qui rythme la plaisance fluviale.
Le port et le chantier, indispensables, prennent toute leur importance pour les stationnements en milieu urbain, pour les séjours prolongés de découverte de grandes villes, pour l’hivernage, l’entretien et le gardiennage des bateaux.

Devoirs du plaisancier
Le plaisancier privé, qui navigue par amour du milieu aquatique, a le respect de ce dernier. Il respecte et aime lire l’histoire du canal ou de la rivière au travers de ses ouvrages d’art. Le plaisancier lie facilement connaissance avec les personnes qui ont les mêmes centres d’intérêts, qu’ils soient plaisanciers, pêcheurs, randonneurs, acteurs ou riverains de la voie d’eau. Il fait sienne la notion d’espace partagé. Ainsi il a à cœur de :
•    ralentir et s’écarter lorsque que le chenal le permet en présence de pêcheurs, de barques et autres menues embarcation.
•    prêter son concours à l’éclusier en ouvrant une porte lorsqu’on est montant et en fermant une porte lorsqu’on est avalant.
•    respecter le plan de route arrêté avec l’éclusier et avertir, dans la mesure du possible, en cas d’imprévu
•    s’apponter rationnellement en laissant la place nécessaire pour l’arrivée éventuelle d’autres bateaux
•    ralentir en croisant des bateaux en stationnement avec une attention particulière pour les petits bateaux
•    respecter les riverains et les personnels du service de navigation
•    respecter l’environnement, la faune et la flore
•    respecter la vitesse et toutes les règles de la navigation

3 - L'ANPEI et les autres associations
Les français aiment bien les associations et dans le fluvial.
Toutes ces associations sont utiles, chacune dans leur rôle spécifique, et de nombreux adhérents de l’ANPEI participent activement à ces associations et souvent avec des postes à responsabilité.
Ces associations ont le grand mérite de regrouper largement des populations diverses pour faire vivre et revivre nos canaux.
Et nous attachons beaucoup d’importance à chacune d’entre elles. Elles sont des éléments indispensables de la reconquête des territoires autour de la voie d’eau navigable.
Mais elles ne peuvent pas répondre, car débordant leur territoire, à des notions fondamentales qui constituent la navigation et l’aspect structurant de celle-ci sur l’ensemble du réseau national.
Il est naturel qu’au sein des associations locales pour la défense spécifique d’un canal les adhérents considèrent que la navigation n’est qu’une des activités parmi d’autres qui doivent faire l’objet de leur attention. Ainsi, récemment, une association a modifié son logo car ses adhérents considéraient que l’aspect navigation y était trop présent.
Cela ne nous choque pas, ces associations sont dans leur rôle.
Mais on comprend mieux alors que nous ayons besoin d’une association de plaisanciers qui fasse de la navigation l’aspect structurant de l’aménagement sur et autour de nos voies d’eau navigables.
D’autres associations pensent « que pour développer une voie d’eau toutes les activités ou pratiques doivent être considérées comme ayant un intérêt d’égale valeur, sans qu’aucune puisse se prévaloir d’une priorité ou d’un statut particulier. »
Nous ne pouvons pas partager cette vision, qui peut convenir pour le canal de Berry dont la réhabilitation sera très longue et pour lequel un objectif de navigation ne pourrait à lui seul mobiliser les énergies, mais qui ne correspond pas à l’ensemble de nos voies navigables.
Toutes les voies navigables existantes, celles à grand gabarit et au fort trafic commercial, celles au gabarit Freycinet qui connaissent encore du commerce et celles qui ne sont plus naviguées que par la plaisance, toutes ces voies ont une caractéristique fondamentale commune : la navigation. Sans la navigation, ces voies deviendraient autre chose mais elles ne seraient plus des voies navigables. On ne peut donc pas mettre sur un même plan une multitude d’activités dont l’une d’elles, la navigation, permet aux autres de s’exprimer, d’exister.
Sur une voie d’eau navigable, la navigation a un statut particulier. Nul ne peut interrompre celle-ci au profit d’autres activités "considérées comme ayant un intérêt d’égale valeur". Il est inimaginable qu’une voie d’eau ne soit naviguée que  tel ou tel jour sous prétexte qu’elle serait affectée à d’autres activités les autres jours.
Cette position de principe est la garantie de l’existence de la notion de voie navigable.
Est-ce que pour autant l’ANPEI mépriserait les autres activités ?
Non et c’est tout le contraire.
Cette situation particulière de la navigation au moment où les territoires revendiquent la reconquête de leur patrimoine et la volonté d’aménager les voies navigables nous impose une attitude d’ouverture vers toutes les activités sur et autour de l’eau.
Nous sommes conscients que la voie d’eau peut attirer de nombreuses activités, un vaste public et un regain d’intérêt des populations riveraines si la navigation revit et s’intensifie. Nous devons prendre en compte cette diversité pour faciliter et accompagner l’accueil de tous ceux qui peuvent découvrir cette richesse que constituent nos voies d’eau.
Et le meilleur moyen de contribuer à cet effort est d’être présent auprès des aménageurs pour déterminer nos besoins de plaisanciers afin que ceux-ci s’inscrivent dans les aménagements à prévoir pour tous.
Nous sommes persuadés qu’en ciblant correctement les besoins de chacun on trouvera les moyens de l’épanouissement de tous, sur et autour de la voie navigable.
L’ANPEI défend la navigation sur les voies d’eau car sans navigation il n’y a pas de voie navigable et sans navigation il n’existe plus cette formidable attraction qui permet aux autres activités de prendre place sur et autour de l’eau naviguée.
La voie d’eau doit être un formidable pôle d’attraction touristique sans oublier que la principale des attractions doit être la navigation de plaisance.

4 - Développement durable

Le développement durable est de tous les discours mais il est surtout nécessaire de le traduire en acte, mais malheureusement sans les moyens nécessaires il restera lettre morte.
Pour nous plaisanciers la qualité et la défense de l’eau sont des priorités. Et notre vigilance est indispensable comme nous avons pu le constater avec le canal de Nantes à Brest.
Rappelons-nous : Le Bassin Loire Bretagne, qui concerne le tiers de notre pays, a vu, le 30 septembre 2007, proposer "....de retenir le canal, dans ses sections de Pontivy à Châteaulin, en masse d’eau fortement modifiée". Le Comité a tenu compte de la réalité et n’a pas suivi les propositions de destruction qui prévalaient dans son précédent document de travail.
Dans ce cas précis on a assisté aux fausses solutions qui jaillissent ici et là face à la montée des pollutions : le canal concentre les pollutions alors détruisons le canal. Sans prendre en compte deux données fondamentales :
    détruire le canal c’est détruire l’économie que celui-ci a générée ; ainsi le formidable attrait touristique et les efforts faits par les collectivités locales et la Région Bretagne étaient réduits à néant
    plus grave, sous prétexte de lutter contre la pollution et d’améliorer la qualité des eaux on refuse de s’attaquer aux causes de cette pollution.
Ce n’est pas le canal qui pollue mais les modes de production et de vie qui s’étendent sur les bassins versants. Le canal ne fait que recueillir la pollution d’une société qui refuse de prendre en compte les sources de pollutions.
Il a fallu une mobilisation des élus et des populations le long du canal de Nantes à Brest pour que le projet de destruction des barrages et des écluses soit stoppé.
Dans cette affaire l’ANPEI a mobilisé ses forces notamment avec son site internet www.anpei.org pour que toute la communauté fluviale soit informée des menaces qui pesaient sur le canal de Nantes à Brest. Notre association est intervenu auprès de toutes les Régions pour les informer de ces projets destructeurs (Et c’est une affaire de grande importance quand d’un côté on demande aux collectivités territoriales de reprendre les rivières et canaux et que de l’autre on voudrait détruire le patrimoine et l’économie générés par ces voies d’eaux)..
Nous restons vigilants.
Mais c’est aussi à cela que sert notre Association

III - Avec les collectivités territoriales, les aménageurs et tous les acteurs de la voie navigable


Introduction
Le développement touristique sur et autour des rivières et canaux passe par le développement de la plaisance fluviale.
Avec un passage de bateaux tout au long des parcours les paysages s’animent, les écluses font le spectacle. Et tous les touristes aux alentours profitent de cette vie comme un but et comme un arrière plan. Sans les bateaux qui passent le paysage de l’ancienne voie naviguée est orphelin.
Les Régions, Départements et Communes ont besoin de cette animation pour l’aménagement de leur territoire, pour profiter des retombées touristiques en tant que secteur économique important dans notre pays. Les habitants, et pas seulement les populations riveraines, qui redécouvrent le tourisme vert et le plaisir de profiter du patrimoine et de la nature en s’adonnant à des activités diverses, apprécient le spectacle des bateaux qui passent.
Aujourd’hui les collectivités territoriales financent des aménagements de la voie d’eau mais s’engagent également dans la reprise de leurs canaux afin d’en faire souvent les axes structurant de leur politique de tourisme.
Pour réussir ces politiques il faut que les bateaux soient présents.
La location est proche de ses limites en nombre de bateaux, d’autant plus que l’implantation se cantonne à des secteurs restreints.

Seule la plaisance fluviale privée à une marge de développement importante car elle souhaite naviguer partout et est en transit permanent.
Mais pour accompagner la croissance de la plaisance privée, qui mérite d’être découverte par de nouveaux adeptes, la voie navigable doit être aménagée en fonction de ses besoins.
La plaisance fluviale privée ne demande pas des aménagements luxueux, elle demande de pouvoir circuler dans de bonnes conditions et de pouvoir accoster facilement.
Les aménageurs ont donc une grande responsabilité dans les choix à effectuer et l’ANPEI souhaite se faire entendre partout où cela est utile.

1 – VNF
Nos rapports avec VNF ont évolué et si aujourd’hui nous nous positionnons comme l’association nationale représentant et défendant les plaisanciers privés dans les directions régionales ou interrégionales, c’est en terme de collaboration ou de partenariat que nous exerçons cette représentation, notamment avec le siège national de cette institution, où nous apportons nos connaissances de plaisanciers privés dans telle ou telle étude, exemple le Guide de mise en sécurité des écluses automatisées, l’observatoire du tourisme fluvial, les péages plaisance privée, les conditions de navigation et les difficultés rencontrées sur le réseau, etc…
Après une approche vers le tourisme fluvial, VNF, sous les directives de l’état s’est tourné résolument vers le transport commercial à grand gabarit et aujourd’hui la navigation de plaisance fluviale n’est malheureusement plus une priorité.
L’ANPEI est là pour rappeler les responsabilités de l’Etablissement public.
Les voies navigables à grand gabarit doivent réellement prendre en compte la plaisance :
    pour la sécurité au franchissement des écluses
    par des points d’accostages / amarrages adaptés à la pratique de la plaisance.
Il s’agit de faciliter l’accès de tout le réseau à la plaisance notamment en facilitant le transit entre les voies navigables touristiques.
L’Etablissement public doit prendre sa part dans l’aménagement touristique pour que les bateaux de plaisance circulent facilement en sécurisant le franchissement des ouvrages et en assurant des possibilités d’accostages et d’amarrages tant en canal qu’en rivière, dans tous les biefs.
    sécuriser le canal du Rhône au Rhin (poste d’attente aux écluses sur le Doubs)
    sécuriser le transit par le Grand Canal d’Alsace
    équiper les bajoyers inclinés de l’Yonne
    aménager la Seine, l’Oise et le canal du Nord pour permettre à la Somme d’avoir la fréquentation qu’elle mérite
    faciliter la navigation sur le Tarn en assurant une ouverture des écluses de jonction.

VNF doit continuer à investir pour aménager les canaux Freycinet qui, sans un transfert de voie navigable, restent de sa responsabilité.

2 - Les Collectivités Territoriales
Les collectivités territoriales investissent fortement dans les voies navigables souvent par des financements importants là où le financement de l’Etat est insuffisant et maintenant en acceptant le transfert des voies à leur profit.
L’ANPEI souhaite devenir le partenaire de chacune des collectivités territoriales qui aménagent leurs voies navigables.
Les Régions et les Départements prennent en mains les voies navigables avec l’ambition d’un aménagement global. Les contacts établis aujourd’hui attestent que la circulation et l’accueil de la plaisance privée constituent un axe important dans cette démarche car c’est la seule qui permet d’envisager une présence touristique forte en raison de la fonction d’animation décrite plus haut.
Avec l’ANPEI, les plaisanciers ont donc la possibilité de voir les canaux et rivières aménagés pour que tous permettent leur venue.


IV - Convaincre un plaisancier de rejoindre notre association


Je prendrai trois mots qui se trouvent dans les statuts de l’association : Promouvoir, Dialoguer, Rassembler.
Promouvoir concerne la mise en valeur du tourisme fluvial. Les personnes qui naviguent sur les voies d’eau intérieures vont participer à leur promotion en adhérant à l’ANPEI. Les découvertes du patrimoine touristique et culturel bordant les fleuves, rivières et canaux, qui n’auraient souvent pas été faites en empruntant un autre moyen de déplacement que le bateau, vont pouvoir être partagées avec d’autres membres, et leur préservation mieux garantie par les possibilités que donne une association nationale importante.
Dialoguer est nécessaire dans les contacts qu’a l’association avec les différents gestionnaires des voies navigables. En effet, la mise en valeur de celles-ci suppose de participer à l’évolution de leur gestion en préservant les intérêts des plaisanciers, ce qui a été évoqué plus haut. Au sein des Délégations Régionales, tous les adhérents sont les bienvenus pour faire améliorer les conditions d’utilisation des voies d’eau en amenant leur expérience personnelle.
Rassembler est un des principaux buts de l’association. Les Délégations Régionales organisent régulièrement des rencontres pendant lesquelles toutes les expériences peuvent être partagées. Les croisières organisées chaque année permettent aux plaisanciers adhérents de découvrir en commun de nouvelles voies d’eau et leur environnement.
Les expériences de chacun, la vie de l’association, peuvent également être partagées par tous au travers de notre bulletin de liaison « le Musard’Eau »
Notre site www.anpei.org, avec ses milliers de visiteurs chaque mois est le carrefour de l’information dédiée aux passionnés de la plaisance fluviale et particulièrement à tous ceux qui possèdent ou désirent acquérir un bateau.
Enfin, l’ANPEI permet à ses adhérents de bénéficier d’une assurance performante, développée spécifiquement pour notre association, et qui tient compte des particularités du tourisme fluvial. Cette assurance n’est pas limitée aux seuls membres qui utilisent leur bateau épisodiquement, mais est également possible pour ceux qui vivent sur leur bateau. Les relations développées depuis longtemps entre l’ANPEI et la compagnie d’assurance, ainsi que le nombre de personnes assurées, permettent une meilleure solidarité en cas de sinistre.


V – Conclusions

Le paysage fluvial, sur le plan des décideurs, aménageurs et bailleurs de fonds, va beaucoup évoluer dans les années qui viennent avec le transfert des voies navigables. Cette situation risque d’être très mouvante et évolutive pour certaines voies.
L’ANPEI est à la disposition de tous les aménageurs, de toutes les collectivités territoriales pour faire des propositions concrètes avec un double souci :
 -   cibler les initiatives et les aménagements permettant d’augmenter la fréquentation d’une voie d’eau donnée.
 -   rechercher des solutions réalisables à coûts raisonnables pour offrir une continuité cohérente de développement du tourisme fluvial sur des tronçons important du réseau plutôt que des opérations isolées et onéreuses.
Les bénévoles de L’ANPEI continueront à participer au développement du tourisme fluvial, comme ils l’ont fait jusqu‘à maintenant dans toute la France, sur le budget de l’association qui fonctionne sans aucune subvention.

Le Conseil d’Administration